Les auteurs du Languedoc-Roussillon : retour à l'accueil

Fiche auteur

Anne Bourrel


¡Gualicho! et Le Roman de Laïd sont en vente dès aujourd’hui sur le site des éditions Acoria

Romans

  • Le Roman de Laïd, Acoria éditeur, mars 2008
  • Contrebandes, éditions L’Harmattan, Paris 2002

Recueils collectifs

  • Mai 68, échos du Languedoc, éditions Cap Béar, 2008, recueil collectif, Autour des Auteurs.

Théâtre

  • Pare-brise, théâtre, 2010, commande d'Isabelle François, théâtre La Vista, Montpellier 2011
  • Fénix le Chien, théâtre, 2009, commande de Pierre-Luc Scotto, mise en scène 2011
  • Les îles éparses, théâtre, écriture à cinq auteurs, ABS éditions, 2008
  • ¡Gualicho!, théâtre flamenco, suivi de Iran, irae, Acoria éditeur, 2008
  • Monsieur Albert veut changer de nom éd Cap. Béar 2007
  • La Fée Morgane, texte court pour la comédienne Charo Beltran. Le Gymnase, théâtre. 2006
  • Chansons pour Gil Non. 2006
  • Les îles éparses, théâtre, écriture collective avec 4 auteurs E.A.T, mise en espace Machine théâtre, théâtre d’O, Montpellier 2004
  • Gualicho, théâtre flamenco, théâtre La Vista, Montpellier 2003
  • Malfabet et les onze ou douze femmes lions, textes pour la danse, Cie L’essoreuse 2001
  • Un effort de Mémoire, écriture chorégraphique et duo avec Séverine Pradier, théâtre Mandapa, Paris 1998

lecture au théâtre de la Vista, mars 2007

Poésie

  • Shakhor, avec les photographies de David Robesson, éditions du Phare, Pau, prix de la création. 1996
  • Chemin Liquide, Souffles éditions, Montpellier 2001, premier prix des écrivains méditerranéens

Extraits

Le Roman de Laïd, extrait 1 :

Chaque mois, des types de la mairie viennent parler à mon père. Il est assis dans son fauteuil ou sur son lit, il les regarde sans rien dire et les types de la mairie, qui n’ont toujours pas compris que mon père ne parle plus, depuis plus de vingt ans, lui expliquent qu’il faut quitter la cité, qu’on ne peut pas rester ainsi, la dernière famille de ce bateau fantôme délabré et insalubre. Mon père balance sa tête de bas en haut, avec sa bouche crispée, on dirait qu’il sourit, alors les types de la mairie ont l’impression qu’il est d’accord. Ils rentrent chez eux, certains d’avoir été entendus et la saison suivante, ils reviennent et ça recommence. Indéfiniment.
On ne bouge pas d’ici, ma mère ne signera pas les papiers, de toute façon, personne ne pense à le lui demander, et mon père ne signera pas non plus, parce qu’il ne peut pas bouger. Peut-être qu’un jour, les types de la mairie s’en rendront comptent ? Peut-être que ce jour-là, ma famille sera expulsée ?...ils pourront alors le détruire notre vieux cargo amarré.

 

Le Roman de Laïd, extrait 2 :

Des feuilles de plastique, il y en a partout, qui traînent sur le Terrain Vague, emportées par le vent depuis l’horizon du village et qui, une fois piégées sur ce rectangle de terre désertique, se trouvent une nouvelle fois piégées par le vent, dans de grands tourbillons, comme des roues de vélos.
Puis, si le vent souffle à l'oblique, les feuilles et les sacs en plastique se transforment en roues de vélos blanches et bleues, et se déplacent, d'abord lentement puis à toute vitesse.
Sur le Terrain Vague, le vent nous souffle aux oreilles dans des sons aigus dont la violence éloigne tous les habitants de Valtes et tous ceux du village ; les enfants, et même les adultes. Nous sommes sans doute les seuls à pouvoir supporter un endroit pareil.
Seuls dans notre monde, nous nous croyions les plus forts.
En été, lorsque le sol brûle et que la terre rouge irradie, nous nous étouffons sous la chaleur. En hiver, la pluie nous glace jusqu’aux os. Et à toutes les saisons, le vent souffle, souffle et gonfle les feuilles et les sacs en plastique, on dirait des méduses, étranges dans cette toundra grise.
Bruno passe des heures allongé sur le sol de notre cabane à regarder tourner méduses et grandes roues de plastique. Il met ses doigts en œilletons contre son visage ; il dit que plus tard, il sera photographe.
(…)
Bruno reprend la pause, le poing ouvert sur l'œil droit pendant que passent les roues blanches et bleues des sacs en plastique.
Parfois, de petits cailloux gris roulent d'un coin à un autre du terrain et allongé dans notre cabane, le roulis des cailloux me donne encore l'impression d'être sur le bateau qui quittait le pays. J'ai la nausée, ça revient du fond de moi. Il faut que je me lève, que j'aille marcher un peu, je fais le tour du terrain, les mains dans les poches, comme un propriétaire, sur cette terre sans nom.

Anne Bourrel
photo © Atelier n89/Didier Leclerc
Contact :
mail : annemtp@hotmail.com
Son blog : ecrivainpop.over-blog.org

Bio : « Anne Bourrel est née à Carcassonne. Elle a fait des études de lettres à Montpellier et à Twickenham.
Après une brève carrière dans l’enseignement britannique et un passage éclair dans le domaine des ressources humaines, elle s’est installée à Montpellier où elle se consacre surtout à l’écriture, sous toutes ses formes. »

J’écris. Des pièces de théâtre, des textes courts, des longs. Je raconte des histoires.
Dans le tunnel des mots, je cherche des entrées, des passages, des avancées.
L’écriture est une route que j’ai choisie pour avancer en glissant. Ecrire, c’est glisser.

Animation : J’anime des ateliers d’écriture pour tous les âges autour de la notion de textes narratifs courts.
J’animerai un atelier d’écriture aléatoire du 17 au 29 juillet au festival off de Lodève Esprits Libres.
Je propose des performances et des lectures spectacle autour de mes textes.
Voir la rubrique "Animations" pour les prochains spectacles.


La Mer (performance)
un beau bas de page siouplait!