Les auteurs du Languedoc-Roussillon : retour à l'accueil

Fiche auteur

Viviane Étrivert

Livres

  • Masky, Qui a tué le juge Michna ?, roman fantastique historique, illustration Krystal Camprubi, Éd. Argemnios, 2011
  • Le Prince Dragon, roman heroic fantasy, Illustration Krystal Camprubi, Éd. Comedia
  • Masky, le masque du loup, fantastique historique, illustrations Krystal Camprubi, Éd. Argemnios (de Nathalie Dau), 2010 (masky.monsite.orange.fr)
  • Les voyages lunaires de Kathrina et Johannes Kepler, calligraphié en quatre exemplaires manuscrits par Anne-Marie Jeanjean, Tardigraseditions 2009 (www.am-jeanjean.com)
  • La Morrigan Fantastique (2004), éd. Liber Mirabilis
  • Les mondes du Trickster, Héroic – Fantasy (2001) éd. l’Agly

Nouvelles de SF et de fantastique

  • L’étrange aventure de Damien Bouton, primée concours CIVIC 1999
  • Revue Martobre, éd. l’Agly : Ogème (SF), Le paradoxe du chat (Anthologie Temps et Mondes parallèles 2001)
  • Collaboration avec Philippe Gontier Revue « Le boudoir des Gorgones » : La lune, et des nouvelles policières fantastiques mettant en scène un commissaire des années 30, le Commissaire Cles : Un festin divin, La Cauche Mare et autres nouvelles… in anthologie 2005 "Tales of the shadowmen" edited by JM and Randy Lofficier, la nouvelle The three jewish Horsemen.
  • La webletter de l'Archiviste, 2007, Éditions Cap Bear dans Nouvelles de la Révolte 1907-2007, ouvrage collectif des écrivains d'ADA, l'association des auteurs du Languedoc-Roussillon.

Extraits

1. Les voyages lunaires de Katharina et Johannes Kepler
(animation musicale)

« 4. Herbier de la sorcière : la plante mythique, la Mandragore »
Si dans le jardin des sorcières, l’aconit offre son poison, si la belladone ou belle dame donne sa racine pour préparer des onguents pour la peau, la Mandragore est la plante magique par excellence.
Offensant l’odorat, la Mandragore a une racine de forme humaine, ventre rond appuyé sur deux jambes. Elle crie quand on l’arrache. Plante officinale comme la Jusquiame, qui emporte les sorcières au sabbat, elle engourdit, endort, et sert au chirurgien. Elle doit toutefois sa vie étrange aux malheureux pendus. Le sinistre arbre aux pendus gravé par Jacques Callot, contemporain des Kepler, dans « Les misères de la guerre » pourraient bien avoir abrité la Mandragore sous ses branches.

« Nous sommes là, cinq, six
Quand de la chair que trop avons nourrie
Elle est piéça dévorée et pourrie et nous les os, devenons cendres et poudres
De notre mal personne ne s’en rit
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre »
François Villon : la Ballade des pendus

« Voici une recette pour transformer cette plante en être mythique. Planter une mandragore au pied d’un gibet. Pour être efficace, au pied d’un gibet ancien qui a vu nombre de pendus afin que tous les jus et graisses des morts imprègnent la terre. Attendre, puis amener un chien muni d’une laisse fabriquée des cheveux d’une vierge. Attacher l’autre extrémité de la laisse de cheveux à la mandragore et s’éloigner. Appeler le chien. Il accourt, déracine la mandragore et la foudre tombe sur lui. Ramasser la mandragore et vous l’avez vivante et vous ferez fortune. »
Le Pentacle de l’ange déchu de Charles Gustav Burg

Katherine connaissait-elle cette recette, qu’elle eut pu appliquer en son temps quand elle suivait son mercenaire d’époux dans ses guerres sans pitié ? Kätherchen en a fait bien d’autres : le fossoyeur de la ville d’Eltingen témoigne qu’elle lui a demandé le crâne de son père Melchior, aubergiste et maire, pour en faire un hanap destiné à Johannes. Le culte des crânes remonte à la préhistoire, nul doute, la vieille sentait le fagot, elle pratiquait le culte des ancêtres, au nez et à la barbe des religieux officiels
(…..)

Epitaphe : Ratisbonne, 15 novembre 1630

Hildebrand Bilij et le Pasteur Donaueur prient tout bas, ils me jettent des regards perplexes, entre eux une petite vieille sarcastique sourit à mon endroit, je touche du doigt tantôt mon front tantôt le ciel, elle hoche la tête, eux se signent, effarés…

C’est pour aujourd’hui, je pars enfin pour le voyage lunaire.

J’entends un son léger qui se déploie le motet de Roland de Lassus que j’aime à jouer sur mon clavicorde, Tristis est anima mea les objets se déforment, tournent, ellipses, sphères, polyèdres comme des joyaux les belles formes de la musique des sphères célestes s’élèvent vers un son silencieux sur lequel vole mon âme harmonices mundi, l’harmonie du Monde

Avant de partir, j’ai laissé quelques mots pour ma tombe :

Mensus eram coelos, nunc terrae metior umbras
Mens coelestis erat, corporis umbra jacet
(Moi qui ai mesuré le ciel, désormais je mesure les ombres de la Terre
L’esprit était céleste, ci-gît l’ombre du corps)

 

2. Manuscrit trouvé à Montpellier 
(Revue Septimanie - Conseil Régional du Languedoc-Roussillon)

Belin et Frère Jacques partent pour le disputatio (1) royal, attifés superbement. Arrivés au colloque, ils versent Quintessence dans un grand baquet où les bavards altérés venaient se recréer. Pensant que c’était poison du pays des sauvages, ils croyaient faire grande hécatombe de leurs ennemis théologiens. Les docteurs sombrèrent dans un coma éthylique sévère d’où ils ressortirent réconciliés avec la terre entière, s’accolant joyeusement et se léchant la couenne.
Dans leur enthousiasme, ils distribuèrent aux pauvres, femmes et biens d’Eglise, gardant pourtant devers eux les clés des réserves de vin, puis forcèrent enfin la porte close pour finir au bordel. Ils rossèrent le guet municipal en une échauffourée consignée aux archives du Ministère de l’Intérieur. Les gens d’arme réussirent à en maîtriser quelques-uns, les collant en caveau de dégrisement. Et il en périt plusieurs sous les coups des filles furieuses parce qu’ils ne voulaient pas payer, hurlant que l’amour était libre et gratuit, puis plus tard en mourut aussi par vérole et sida ou indigestion. Et tous ces décédés, Dieu les refusa en Paradis car ils étaient sales et juraient, jouant à reniguebieu et aux cartes en trichant, et voulaient tripoter les saintes qui les giflaient. Les théologiens trépassés chassés du Paradis s’organisèrent en bataillon sous la conduite de Frère Jacques, conquirent l’Enfer et chassèrent les dyables, qui sont aujourd’hui pauvres hères et mendient en haillons devant les postes et églises, et mangent des croûtons sur la tête des galeux. François succéda à Gargantua son père et règne encore en Utopie et l’ai vu hier, il vous passe le bonjour.
Que le sida vous pèle l’oignon, que la syphilis cuise votre gros pétard lecteurs chéris, gentilles dyablesses, cocuz mignons, qu’Atlas père des Géants vous pète au nez si ne tenez pour véridicque ce que vous dit, moi :


Frère Jacques
Vagabond et yvrogne
tenant commerce en truanderie en la bonne ville de Montpellier>
depuis six cents ans sonnés
(1) Colloque religieux


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Viviane Etrivert-Gauthier
Contact :
mail : viv.etrivert@gmail.com
Site : liber-mirabilis.com

Bio : Née en 1960 en Algérie, et non à Brocéliande, on me désigne couramment par le surnom la fée. Passionnée de fantastique et d'histoire, j'aime à convoquer la magie, aux fins de raconter aux curieux quelles créatures étranges évoluent invisibles sous leur nez. Européenne d'esprit, juriste de droit européen, j’assure la documentation de la préfecture de Région à Montpellier et la publication d'une info Europe.

Animations : « Somnium : les voyages lunaires de Katharina et Johannes Kepler »,  animation musicale avec Pascale Scarabin, chanteuse (site web)


un beau bas de page siouplait!