Les auteurs du Languedoc-Roussillon : retour à l'accueil

Fiche auteur

Henri Lehalle

Bibliographie

Nombreux articles et chapitres d’ouvrages. Quelques livres aussi, parmi lesquels ceux qui suivent. Où l’on verra que, après avoir sélectionné la psychologie, je n’ai pas pu me défaire d’une certaine variabilité dans ce domaine. C’est d’ailleurs assez mal vu à l’Université.

  • l'Amie-nuit, recueil de textes et photos, coauteur Joëlle Wintrebert, Éd. la-coop.org), 2010.
  • La conquête du nombre et ses chemins chez l’enfant, Bideaud J., Lehalle H. & Vilette B. (2004), Lille : Presses Universitaires du Septentrion
  • Le développement psychologique est-il universel? Approches interculturelles, Bril B., Lehalle H. (1998), Paris : PUF, "Le psychologue", 231 pages (3e édition).
  • Psychologie des adolescents, Lehalle H. (1995), Paris: PUF, "Le psychologue" (4e édition mise à jour, nouvelle édition entièrement actualisée en préparation)
  • Psychologie du Développement. Enfance et Adolescence. Cours et Exercices, Lehalle H. & Mellier D. (2005). Paris : Dunod. (2e édition revue et actualisée)

Extraits

Il est impossible d’écrire de la science-fiction. Dialogue n°18
Publication de l’Université Paul-Valéry, Montpellier III (numéro coordonné par Hélène Lenz), 1988.

[N.B. : le premier extrait fait suite à la citation d’un assez long passage d’un roman de Stephan Wul : Noô 1, où le jeune Brice découvre la civilisation alien des Kiha.]

[…] Les premiers contacts d’un explorateur avec une culture étrangère ne peuvent qu’être interprétés et codés par ses propres références culturelles : les aigrettes sont une coiffure, les becs un masque, et les rythmes sourds ne peuvent qu’être produits par un tambour. Symétriquement, le vieux Kiha considère le jeune Brice comme un oisillon. Ce n’est que progressivement, en recoupant les informations obtenues, que les réalités et les significations culturelles étrangères peuvent être appréhendées […].

Ainsi, la représentation d’un véritable Alien, par un auteur de SF qui le serait nécessairement aussi, resterait lamentablement ininterprétable pour un simple représentant de l’espèce humaine, car toute perception et toute signification ne sont accessibles qu’au travers de catégories d’appréhension pré-existantes. […]

Ayant montré qu’il est impossible d’écrire de la SF, nous voici confrontés inévitablement à une angoissante question. S’il est impossible d’écrire de la SF, comment les auteurs font-ils pour en écrire ? Pour répondre objectivement à cette question, il faudrait pouvoir interroger un nombre suffisamment représentatif d’écrivains. Ou alors, il faudrait pouvoir observer quotidiennement l’un d’entre eux. Ces procédures sont difficilement réalisables, dans l’état actuel des crédits de recherche. On se contentera par conséquent de repérer certains procédés littéraires, au travers des œuvres produites.

Le problème est le suivant. Les Aliens et leurs mondes sont en eux-mêmes indescriptibles. Ils ne peuvent l’être qu’en utilisant ce que l’esprit humain peut appréhender. Alors, comment induire chez le lecteur des représentations pseudo-réalistes de mondes à la fois plausibles (ou tout au moins crédibles…) et irréels ? Examinons quelques exemples dont certains sont assimilables à des opérateurs portant sur des contenus de pensée : appliqués à des représentations de notre monde, ils produisent de l’Alien. […]

En définitive, suggestion et construction constituent les deux grandes classes de procédés utilisés pour fabriquer des pseudo-Aliens. Contrairement aux anthropologues qui, à la suite de longs séjours auprès des populations qu’ils étudient, finissent par entrevoir de l’intérieur les représentations locales, les amateurs de SF en sont réduits à projeter leurs fantasmes sans qu’il soit possible de recueillir quelque information contradictoire (…) susceptible de faire progresser leur connaissance de la diversité des catégories de l’entendement chez les véritables Aliens.
Une seule solution : QU’ILS ARRIVENT !... 

Henri Lehalle
Contact :
mail : henri.lehalle@wanadoo.fr

Bio : Deux principes darwiniens s’appliquent assez bien à mon évolution personnelle : la variabilité des intérêts, l’obligation de leur sélection adaptative…
Jadis, quand j’ai commencé à enseigner la psychologie à l’Université, à 20 ans, j’avais bien d’autres activités en parallèle, principalement : le cinéma, la photographie (quelques photos publiées dans des revues), des textes critiques et parodiques (publiés par exemple dans l’Écho des savanes, spécial USA). C’était une époque bénie où l’enseignant universitaire était payé pour réfléchir et pour faire la révolution. Désormais, il passe son temps à rédiger des rapports, ce qui est plus tranquille pour l’ordre nouveau.
J’ai bien tenté de maintenir cette variabilité, mais il a fallu assurer des publications universitaires. Je l’ai fait avec bonheur. C’était malgré tout une forme de sélection parmi d’autres possibles.
À vrai dire, il est assez probable que, dans un avenir encore incertain, je retrouve une plus grande variabilité d’occupation… Cela sera effectif quand l’Université, lassée de mes services dont personnellement je ne me lasse pas, m’aura finalement mis à la porte.
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