Annie Murat
Romans
- Le magicien du Béal, roman-photo, coédition Éd. du taillepage et Éd. rue de la planète, photos Denise Marsetti (pour petits et grands)
- Un parfum de figuier, roman, éditions du Taillepage, 2011 (pages non coupées).
- Le Servan, roman, réédition, éditions du taillepage, décembre 2009. Pages non coupées.
- Petite Musique en rouge, éditions du Taillepage, avril 2007, roman.
- Une vallée si profonde, éditions Stock, 1993, roman.
- Rendez-vous aux portes de Kiev, éditions Tsuru, 1990, roman. Prix 8 Mont Blanc, épuisé.
- Le Servan, éditions Stock, 1989, roman. Prix René Fallet 1990, prix du Triangle de l’Amitié, prix de la Revue Indépendante, épuisé.
Ouvrage technique
- Fabriquer soi-même un livre à couverture cartonnée, ouvrage technique, éd. du Taillepage, 2009
« Voilà un manuel bien utile pour tous ceux qui voudraient réaliser eux-même ce genre d'ouvrage, professionnellement, ou juste pour le plaisir. Qu'on utilise ou non un ordinateur, nul besoin de matériel sophistiqué. Du papier, du carton, de la colle et quelques outils simples. »
Nouvelles
- Nouvelles d'en haut et d'en bas, éditions du Taillepage, collection Taillepage, 128 pages non coupées, mai 2008.
- Naissance, texte dans Détours, recueil de nouvelles en hommage à René Fallet, éditions Bleu Autour, 2000.
Littérature jeunesse
- L’horloge du ciel, fiction, éditions du taillepage, collection Junior à partir de 12 ans. Avril 2009.
- Lolo la vache rousse et le caillou qui parle, éditions du taillepage, collection Doudou, 2e trimestre 2009
- Lolo s’ennuie, éditions du taillepage, collection Doudou, 2e trimestre 2009
- Lolo s’en va au bout du monde, éditions du taillepage, collection Doudou, 2e trimestre 2009
- Le grand voyage de Plop, editions du taillepage, collection Doudou, 3e trimestre 2009
- Tu sais faire ça ?, éditions du taillepage, collection Doudou, 4e trimestre 2009
- Adaptation de Histoires des animaux de la ferme, éditions Piccolia.2008
Adaptation de Histoires du fond de la mer, éditions Piccolia 2008
Adaptation de Histoires cocasses pour s’amuser, éditions Piccolia. 2008
Adaptation de Histoires d’enfants pas très sages, éditions Piccolia. 2008
Adaptation de Histoires et petites comptines, éditions Piccolia. 2008
Adaptation de Enzo va chez la nounou, éditions Piccolia 2009.
Adaptation de Enzo construit un bateau pirate, éditions Piccolia. 2009
Adaptation de Enzo veut un lapin, éditions Piccolia. 2009
adaptation de Moi aussi je serai footballeur, éditions piccolia. 2009
Adaptation de Moi aussi je serai secouriste, éditions Piccolia 2009 - Derrière la fenêtre, quelqu'un..., éditions du Taillepage, collection Junior, 76 pages, roman pour les 9-12 ans, mai 2008.
- L’arbre à histoires, Éditions du Taillepage, novembre 2007, collection Doudou. 15 histoires à raconter pour les 2–6 ans. Illustrations couleur.
- 365 Histoires pour chaque jour de l’année, Éditions Piccolia, 2003. 200 des 365 textes inédits du recueil.
- Le Trésor de Grand-Pa, Éditions Castor Poche Flammarion, 1991. Petit roman pour les 9-10 ans.
Extraits
Un parfum de figuier
Éditions du Taillepage - 2011
Sur un ciel céruléen, l’or mat des chênes, les ombres bleutées au revers des collines et cette ligne de crête, nette et tranchée entre le vide et la terre en sommeil. Plantée dans l’air gelé, la plainte acérée d’un rapace.
Un point se déplace sur l’immensité blanche, et dans son sillage, le fil tendu d’une trace, au flanc de la montagne. Un homme, c’est bien un homme, la buse n’a été leurrée qu’un instant, mais un homme écartelé. Pendu à son épaule droite, un fusil. Dès le premier virage, juste après la grosse pierre carrée, son pied glisse sur le côté et il tombe à genoux. La crosse du fusil s’enfonce dans la neige. Le rapace prend de l’altitude.
L’homme reste ainsi, la tête sur la poitrine, assez longtemps pour qu’un moineau ébouriffé par le froid saute d’une basse branche et vienne rebondir en petits sauts frileux, à quelques pas. Rien qu’une boule de plumes posée là. L’homme l’a vu. Il se remet en marche, bras ouverts. Il construit sa route dans la neige vierge ; il l’invente et l’enfante avec lenteur, calme et persévérance. Transi et comme effrayé de sa propre hardiesse, l’oiseau replie les pattes pour prendre son élan et se mettre à l’abri mais finalement, il suit, par petits bonds légers, accordant la longueur de ses sauts à la lourde progression de cette étrange chose semblable à un arbre sec. Parfois il se laisse distancer, semble hésiter, puis d’un long vol rasant, va se poser loin en avant, sautillant sur place, fébrile comme un enfant impatient.
Abel n’ose tourner la tête pour ne pas effaroucher son furtif compagnon.
Quelque chose en lui s’est dénoué, et palpite, quelque chose qui allège le poids sur sa nuque. Mais cela ne dure pas. Sa jambe s’enfonce de nouveau, l’obligeant à un mouvement brusque pour soulever le fusil. Le moineau disparaît. Le regard d’Abel fouille l’entrelacs des herbes et des ronces, se perd dans l’étendue blanche à la recherche d’une vie, d’une simple trace, à défaut de mouvement ; son oreille s’affole à la poursuite des sons, espérant au moins le grelot des feuilles sèches froissées par le vent, puisque les animaux se taisent.
Inutile de se tourner vers l’autre versant, d’y rêver le chant d’un coq, l’aboi d’un chien ou les sonnailles d’un troupeau. Il faudra repartir sans la consolation d’un pépiement, refuser l’évocation d’une cognée dans la forêt, de la lessive qui claque au grand soleil. Ne pas oublier le but, ne pas céder au doute.
Désespérante, la troisième chute ; plus lourde, comme si ses jambes renonçaient. L’envie de rester là, étendu dans la neige. La mort blanche viendrait, puis le petit peuple des bois festoierait. Non, pas encore, pas maintenant. D’abord arriver là-haut Il faut monter. Dans une heure, il sera au Désert. Et le choix se fera. Le fusil disparaîtra dans le trou. Ou peut-être… Abel ne sait pas encore. Il ne sait qu’une chose et cela lui a donné la force de se soumettre à l’épreuve : dans une heure, il va retrouver la paix. Une heure, le temps de refaire le monde. De le défaire aussi.
Avant de sortir de chez lui, Abel Besson a rangé placards et resserres. Il a préparé dans l’âtre de quoi allumer un bon feu ; un peu de genêt sec, de châtaignier refendu. Et une branche de figuier. La clé est sur la porte.
Là-haut, à la croisée des vents, l’oiseau de proie surveille son domaine.
Tout est signe, tout est message. Sur le versant sombre, dans la neige bleue, l’homme avance toujours, bras écartés, et son pas est de plus en plus lent. Mais là-bas, de l’autre côté, rosi par le soleil d’hiver, une autre forme dressée, immobile. Intriguée, la buse se laisse porter à l’aplomb de cette chose. Ni bois, ni pierre. L’œil rond évalue, compare, à l’affût du moindre mouvement puis sollicité par un courant, l’oiseau passe la crête ; peut-être, de l’autre côté, un souriceau aura-t-il commis l’imprudence de sortir pour s’ébattre dans la poudreuse.
Le ciel est vide.
Derrière la fenêtre, quelqu’un…
Éditions du Taillepage - collection Junior - 2008
On n'était jamais entrés de nuit. Déjà, le jour, on hésitait. Combien de ballons avions-nous perdus derrière ce mur ! Et impossible de grimper, c'était trop haut. Impossible également d'entrer par le portail, sur la place de la mairie : il était condamné par une chaîne et un cadenas rouillé. De toute façon, nous n'aurions jamais osé nous aventurer dans l'allée principale. Bien qu'inhabitée, la grande maison semblait veiller, du haut de sa terrasse sur un monde étrange, immobile. Tous ces volets fermés, ça nous donnait le frisson. Alors, s'avancer en direction du perron, ah non, pour rien au monde !
Le parc n'était plus entretenu. La nature y reprenait sa place. Les massifs autrefois bien taillés lançaient dans toutes les directions des branches incontrôlées ; broussailles et fougères envahissaient les pelouses, mais les immenses chênes, les cèdres majestueux avaient gardé un air solennel. Nous sentions bien que cet endroit n'était pas pour nous. Si des enfants avaient un jour vécu dans cette demeure, ils ne devaient ni courir ni crier. Des extraterrestres, quoi !
Mais il fallait bien récupérer les ballons qui tombaient dans l'arrière-cour. Ah, si on avait pu faire autrement ! Par chance, il y avait là, dans le mur d'enceinte, un portillon de service dont la grille n'était jamais verrouillée ; il suffisait de forcer un peu sur le loquet et dans un grincement impressionnant, il s'entrouvrait.
Oui, mais voilà : entre le château et le mur, la cour était recouverte de gravillons. On y était à découvert, et ça faisait un bruit d'enfer quand on traversait. Pas moyen d'y échapper. Cet endroit était d'un lugubre avec ces hangars vides aux arcades béantes, comme des bouches noires, ces bâtisses en ruine ! Et la fenêtre...
Toutes les autres, au moins vingt, étaient fermées par des volets métalliques à la peinture écaillée ; mais celle-ci, au rez-de-chaussée... comme un oeil ouvert... Et derrière les vitres, une silhouette, debout, un peu masquée par de grands rideaux. Chaque fois que nous avions pénétré dans le jardin, quatre ou cinq fois en tout, elle était là, immobile. Qui était-ce ? Nous n'avions jamais vu entrer, ni sortir personne.
Les avis étaient partagés. Quand il était venu chercher son sac de sport que le grand Jim, de la bande des Tilleuls, avait jeté par dessus le mur, Manu avait vu un homme maigre, avec un grand chapeau, qui le regardait sans bouger.
– Pas du tout, disait Chris ; c'est une femme, très belle, avec un voile sur la tête ; violet, le voile. Et elle a un bâton à la main, ou un fusil.
– En effet, admit Manu, c'est un fusil.
Il avait refait le chemin dans le seul but de montrer à Isabelle comme il était courageux, et il était ressorti bien vite, en prenant juste le temps de jeter un coup d'oeil vers la fenêtre. C'était donc un fusil. Pour le chapeau, il n'avait pu préciser.
Homme ou femme, avec ou sans chapeau, la silhouette était toujours là. Et surtout, plus inquiétant que des cris et des menaces, il y avait ce silence, cette immobilité. Tout semblait pétrifié : le jardin, le château... et le guetteur.
On avait fini par renoncer tant cet endroit était sinistre. Les garçons choisissaient d'autres lieux pour leurs tours de force.
Rentrer là-dedans, même pour faire les malins, ah non merci, plus jamais !
Petite Musique en rouge
Éditions du Taillepage - 2007
C’est un homme qui saurait aimer. Un homme avec des roses au bout des doigts. Il ne l’a jamais su. L’image que lui renvoient les autres, celle d’un célibataire d’un certain âge, élégant et discret, lui convient assez bien. Se jugeant sans talents, il se contente de ces apparences, et cet état confortable le met à l’abri des tensions et des excès. Persuadé de la banalité, de la parfaite conformité de sa personne, il n’a jamais songé à profiter de son seul atout : le fait de porter un nom célèbre, qu’il partage par hasard avec un personnage historique. On lui fait souvent remarque, avec respect, déférence même, de ce patronyme flatteur ; il agite alors les doigts en un signe de dénégation si modeste qu'on s'y trompe ; selon les cas, on le prend pour un grand de ce monde désirant garder l'anonymat ou pour un membre ruiné, donc indigne, de l'illustre lignage. Il pourrait aisément usurper le titre, en tirer vanité sinon profit, utiliser ce sésame pour ouvrir des portes capitonnées. Rien de tout cela. Bien que fils de militaire, il sait ne descendre, en ligne droite ou tortueuse, ni de rois ni de grands conquérants et si, parmi ses ancêtres, des têtes ont roulé, si des poitrines ont étincelé, cela était dû plus sûrement aux aléas de l'époque qu'à de hauts faits personnels. La gloire et l’infamie ne sont pas passées si près qu'une trace puisse en être conservée dans les annales. La mort guerrière a fauché, là comme ailleurs, sans plus de discernement que pour le fameux homonyme. Dans l'une et l'autre famille on a pleuré sans doute, on a été fier aussi. Et on a passé.
Il ne tire ni rancœur ni jalousie de voir son nom étalé dans les magazines sous le portrait de gens posant dans un décor de tapisseries anciennes et de boiseries dorées, et si cela le fait parfois sourire, il pourrait les croiser dans la rue sans les reconnaître. Mais aujourd’hui, à presque soixante ans, c'est lui qu’il vient de rencontrer.
Et maintenant, dans quelles folies va-t-il être précipité ? Déjà il regrette l'époque de l'ignorance sinon de l'innocence, tant il craint de ne pouvoir contrôler les pulsions de l'étrange individu qu'il est devenu. Il se serait révélé un grand criminel ou un obsédé malsain qu'il ne serait pas plus effrayé, ni plus honteux. Et malgré tout, quelque chose en lui jubile, se dilate comme si un carcan s'était desserré, le laissant enfin respirer l'air pur d'une très haute montagne devant un immense horizon.
Le monde s'ouvre, certes, mais c’est le monde de Schmutzle le violoniste. Le plus extraordinaire, c’est qu’il n’a jamais touché un violon, n’en a pas même vu de près, n’a jamais assisté à un concert et ne possède pas de disques. Pour tout dire, il ne s'intéresse absolument pas à la musique. Pourtant, désormais et pour toujours, il est Schmutzle le violoniste et Schmutzle doit se procurer au plus tôt un violon.
Un sentiment d'urgence l’habite, aggravé par le fait qu'il ne sait comment aborder les choses. Ainsi passe-t-il plusieurs soirs de suite sans s’arrêter devant la porte d’un immeuble cossu. Il y a là plusieurs plaques de cuivre annonçant la présence de cabinets d’affaires, d’éminents spécialistes, et parmi elles, celle d'un luthier. Cent fois il a longé ces murs sans éprouver la moindre curiosité, la moindre inquiétude. A présent, le simple fait de s’approcher, tout à la fois l’exalte et le met mal à l’aise. Il se sent aussi peu assuré qu’un néophyte désirant pratiquer un culte dont il ignorerait les rites. Doit-il prendre rendez-vous ? On va sans doute lui poser des questions gênantes ou ne rien dire du tout, et lui présenter des violons dans un silence épouvantable. Il y aura alors des gestes à faire avec naturel, mais lesquels ? Et des mots à dire, des mots spéciaux, techniques, dont il ignore tout. Rien qu'à la manière dont il saisira l'instrument, on va savoir qu'il est profane, on va lever les yeux au ciel, sourire en dessous, le jeter dehors peut-être ! S'enquérir des prix, des différences d'un instrument à l'autre lui paraît insurmontable. Son ignorance en la matière est totale. En revanche, il sait une chose merveilleuse et inexplicable qui le transporte : sous son maxillaire, il y a, invisible encore, mais la marque en est chaude et lisse au toucher, un creux, en attente. Et quelque part, dans un lieu inconnu, accroché à un mur ou couché dans la poussière, maltraité, voire brisé, un violon l’attend. Et si c’était là, derrière les hautes persiennes du deuxième étage ? Non, certainement pas. Les instruments jalousement gardés par les lourdes portes aux poignées astiquées sont réservés à une élite dont il se sait exclu.
La fréquentation des luthiers lui paraissant impossible, restent les magasins de musique, avec devanture, libre accès, anonymat garanti. Il cherche dans l’annuaire, découvre que la ville compte deux boutiques spécialisées, ce dont il ne s'était jamais soucié jusque-là, et il appelle. Le marchand vend-il des instruments de musique ? Oui ? Et des violons ? A quel prix ? Enfin, combien coûte... oui, oui, le premier prix, bien entendu. Ah ? Japonais ! Et, à ce prix-là, le violon... (le mot sonne dans sa bouche, avec un goût étrange), à ce prix-là, le violon est-il en bois ou en plastique ? Il n'existe pas de violon en matière synthétique paraît-il, enfin si, mais des instruments de recherche, très très chers. Il ignorait cela également.

mail : annie.murat
Site web : editions-taillepage.com
Bio : Je suis née aux Contamines Montjoie (Haute Savoie)
1970 : Je quitte les Alpes en famille pour m’installer dans les Cévennes.
1989 : à 48 ans, je publie mon premier roman, Le Servan (éditions Stock), dont l’action se situe dans mes montagnes natales. Les deux romans suivants, Rendez-vous aux portes de Kiev (1990 éditions Tsuru) et Une vallée si profonde (1993 éditions Stock) sont de la même inspiration. Ces trois romans sont aujourd’hui épuisés. Le Servan est réédité en 2009 aux éditions du taillepage.
A ma grande surprise, compte tenu des thèmes abordés dans mes trois premiers romans, la rédaction de « Je Bouquine » aux éditions Bayard me suggère d’écrire pour les enfants ; finalement, ce sont les éditions Castor Poche qui publient en 1991 Le trésor de Grand Pa, petit roman pour les 9-10 ans.
Je continue à écrire mais ne publie rien pendant presque 10 ans.
2000 : Les éditions Bleu Autour me sollicitent pour un hommage à René Fallet. J’écris une nouvelle, Naissance, pour leur recueil Détours. Cette nouvelle est en ligne sur mon site internet.
2002 : Les éditions Piccolia me proposent le pari insensé d’écrire 200 histoires originales pour les 6-7 ans, cela en 4 mois. Pari tenu.
Printemps 2007 : Je crée les éditions du Taillepage, chez moi, à Saint-Roman de Codières, pour publier mes prochains livres avec trois collections :
– Collection Taillepage pour les romans et nouvelles, au format non coupé.
– Collection Junior : romans et fictions illustrés pour les enfants à partir de 9 ans.
– Collection Doudou pour les 2-6 ans : des histoires à raconter et des petits cartonnés.
Dans le même temps, je crée mon site internet editions-taillepage.com. On peut y trouver des textes inédits, des extraits de mes derniers livres, des histoires pour les enfants à télécharger, imprimer, illustrer.
2010 : Les éditions du Taillepage comptent 13 titres et sans doute bien plus fin 2010.
Je continue à écrire des textes pour les éditions Piccolia.